19/01/2006

Mylene Farmer - Concert Avant que l'ombre

 

 

Lentement le rideau se referme. Plus exactement les filaments d'eau qui

le composent se rapprochent. Et Mylène Farmer, sur le final instrumental
de la chanson Avant que l'ombre... commence à monter les marches, en fond
de scène, avec dans son sillage la traîne d'une robe rouge. Puis cette eau
se transforme en une silhouette, liquide, "vivante", celle de la
chanteuse. Le public du Palais omnisports de Paris-Bercy, samedi 14
janvier, fait des "oh !", des "ah !". A mi-parcours, Mylène Farmer, la
vraie, laisse tomber sa robe, et continue son ascension, happée dans un
halo de lumières.
 
 
Depuis le début des années 1980, les grands concerts rock et pop soignent
leurs mises en scène. Pour les sorties, on y vient. Celle-là, dont on n'a
livré ici que quelques éléments, place la barre très haut. D'autant que le
début d'"Avant que l'ombre à Bercy", quatrième spectacle de Mylène Farmer
en plus de vingt ans de carrière, a aussi livré, durant l'introduction de
Peut-être toi, son lot de surprises et d'étonnements. Juste pour allécher,
six officiants portent un cylindre de verre venu du ciel. Mylène Farmer,
en tenue dorée de princesse barbare, ouvre les yeux et s'en extrait.
 
De l'arrivée prenante à la superbe sortie, chacune de la vingtaine de
chansons au répertoire du concert aligne une ou deux, parfois trois,
bonnes idées de mise en espace, en son, en lumières. Cela pourrait lasser
à force de trop solliciter l'oeil et l'oreille — certains titres
bénéficient d'effets "surround" qui se déplacent dans la salle. Mais
Mylène Farmer 2006 ne se laisse pas dépasser par ce gigantisme, l'un des
travers de certains moments de ses deux précédents spectacles. Même pour
des tableaux réglés à la seconde, elle ne semble pas contrainte par ces
effets de scène. Le recours aux gros plans sur écrans est dosé, ce qui
favorise un regard global sur le spectacle. Il vaut d'ailleurs mieux le
voir depuis les gradins, pour mieux en apprécier une partie des événements
visuels.
 
 
APPARITIONS ET DISPARITIONS
 
 
La précédente tournée de la chanteuse, "Mylenium Tour", s'était terminée
en mars 2000. Presque six ans d'absence scénique rattrapée en plus de deux
heures d'apparitions et disparitions, virevoltes chorégraphiées (Sans
contrefaçon, Je t'aime mélancolie), envols (Ange, parle-moi), intermèdes,
moments d'intimité (Redonne moi, Rêver, Ainsi soit-je) ou de communion
dansante de la salle avec "son" artiste (C'est une belle journée,
Désenchantée) que Bercy devrait vivre, soir après soir, jusqu'au 29 janvier.
 
Dans la fosse, il y a une autre scène, en forme de croix de Malte. De
changements de costumes dus à Frank Sorbier (une robe de voile bleutée, un
ensemble pourpre, un délicieux deux-pièces noir...) en déplacements avec
danseuses (les huit sont venues de New York) et danseurs (sept Espagnols,
flamenco-claquette), Mylène Farmer va de l'une à l'autre, sur un pont ou
par les airs. La croix sert aussi d'écran de projection. Vitraux colorés,
marelle, images d'Alain Escalle, dont une vidéo évoquant une catastrophe
nucléaire est projetée en première partie.
 
L'assurance vocale dont témoignait le sixième album studio de Mylène
Farmer, Avant que l'ombre... (Le Monde du 12 avril 2005), est confirmée.
Une bonne partie des titres du disque est au programme. Et notamment une
belle version de Dans les rues de Londres, l'électrisant Q.I., fait pour
la scène, Nobody Knows. Mylène Farmer contrôle l'émission de poitrine et
celle de tête, tient son souffle, vocalement détendue. L'orchestre (les
guitaristes Perry Gwynedd et Milton McDonald, le bassiste Paul Bushnell,
Eric Chevalier aux claviers, le percussionniste Nicolas Montazaud, les
choristes Esther et Johanna), mené par le pianiste Yvan Cassar, a des
finesses bienvenues. Et le batteur Abraham Laboriel Jr., qu'on a entendu
plus mécanique, se révèle fluide. Il chantera Les Mots avec Mylène Farmer.
Elle, de bout en bout du spectacle, est rieuse — même lorsqu'elle accroche
sur le démarrage d'une chanson —, en forme, conquérante.
 
Treize concerts à guichets fermés du 13 au 29 janvier, 170 000 places
vendues (de 54 euros dans la fosse à 132 euros aux meilleurs sièges en
gradins), et ensuite ce sera fini. Contrairement à ceux de 1989, 1996 et
1999-2000, le spectacle ne tournera pas. Cette inventive fantasmagorie a
été conçue exclusivement pour l'appareillage technique et le volume que
seul offre Bercy, par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat — l'homme des
musiques et des vidéo-clips de la chanteuse — et scénographiée par Mark
Fisher — les Rolling Stones, U2, le gala d'ouverture du Mondial annulé (Le
Monde daté 15-16 janvier). Il faudra donc attendre la probable parution
d'un DVD souvenir pour revivre ou découvrir ce qui, à ce jour, est
l'entreprise la plus ambitieuse menée par une chanteuse en France.
 

23:45 Écrit par Goutte de Mer | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

suite à ton passage sur mon blog Salut,

Merci beaucoup pour mon blog. Le tien n'est pas mal non plus, félicitations!!!

Concernant le concert, j''y vais le 28, et je crois bien que je vais attendre sous la neige vu la météo.

Vivement samedi 28, et en plus il y aura Seal en duo avec Mylène.

Tchao

MYMY69

Écrit par : MYMY69 | 26/01/2006

WOW, ça c'est un bon article, que et je vous laisse tout de suite cette remarque

Écrit par : paris en ligne bonus | 12/05/2014

Avoir un blogue toujours à jour est très indispensable pour maintenir le contact avec ces internautes, tout à l'instar des commentaires c'est pour ça que nous vous laisse cette remarque pour vous encourager.

Écrit par : cote et pronostic france honduras | 12/06/2014

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